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> Quand j'ai eu mon accident
Posté le 14 Mar 2005 par Ghislaine H.

j'avais 43 ans et je rentrais de vacances : cela fait douze ans et demis que je me bats.

J'étais à mon travail, j'ai eu un petit malaise : tête qui tourne, migraine prolongée, difficultés à parler. J'ai sauté dans un taxi pour aller chez ma "généraliste" qui m'a fait remarquer que ce n'était pas le jour des consultations ! Je lui ai répondu que j'avais des troubles de la parole et la migraine depuis cinq jours. Plusieurs fois, je lui ai répété que cela m'inquiétait.

Elle a fini par me dire, ordonnance et arrêt de travail de deux jours à l'appui, que ce n'était rien... Je suis rentrée chez moi en me répétant mon nom et mon adresse. Je vis seule, j'ai téléphoné à ma soeur en bégayant pour lui dire ce qui m'était arrivé. Elle essaya de me reveiller le lendemain matin : pas de réponse. J'étais dans le coma ; j'avais la carotide gauche bouchée, ce qui ne permit pas d'irriguer le cerveau pendant huit jours.

Je suis restée à l'hôpital cinq mois et demis, et deux mois en hôpital de jour - l'ambulancier venait me prendre et me ramenait chez moi. J'étais dans un état lamentable : plus de mémoire, dans un fauteuil roulant pendant quatre mois. Et je n'étais plus moi. Le médecin de l'hôpital m'avait dit - je n'avais alors pas compris - que je resterai toute ma vie ainsi : AVC avec des séquelles sévères et une aphasie (la plupart de mes neurones, dans mon cerveau droit, sont morts).

Là, a commencé la descente aux enfers. Après trois ans de longue maladie, la MSA m'a dit : "ou vous travaillez à 50%, ou vous n'avez plus rien". J'ai repris mon "travail", marchant très mal et surtout parlant très mal (on ne me comprenait pas...). Mon travail avait été distribué à différentes personnes... je faisais de la relecture !

Au bout de deux ans, j'étais au fond du trou, je pensais au suicide.

Mon salaire était bloqué, la MSA me versait une pension minine et mon employeur me versait une autre pension, d'invalidité. Après mon accident, l'Etat m'a grâcieusement "donné" une part et demie au lieu d'une part d'impôts, mais je payais tout le reste : impôt sur l'habitation, redevance TV, revenus fonciers...La Cotorep m'a remis une carte d'invalidité à 80%, et c'est tout.

Pour le reste : "démerde-toi"...le reste, c'est s'habiller tous les matins avec une seule main, se laver les cheveux avec une seule main, préparer son petit-déjeuner, son déjeuner...attention : pas de viande à couper ! J'ai dû acheter un lave-linge et un lave-vaisselle ; dans mon appartement, j'ai faire refaire une salle de douche adaptée à mon handicap, refaire une cuisine... toujours sur mes deniers.

Ma vie a BASCULE, j'étais une personne vive : je faisais du sport, je voyageais beaucoup, j'allais voir des expositions, j'allais au cinéma, à l'opéra, au théâtre... avec mon salaire d'avant, je ne me débrouillais pas mal. Mon accident a eu lieu le 15 septembre 1992 et mon salaire a été maintenu jusqu'au 15 septembre 1996.

En plus, j'étais et je suis toujours très, très fatiguée. Depuis mon accident, je prends une dizaine de médicaments par jour, et j'ai trois ou quatre piqures par jour à l'hôpital. J'ai toujours la kinésithérapie, l'orthophoniste et de temps en temps l'ostéopathe (non remboursé) qui me "remet à neuf" pour quelques mois. Je suis en analyse depuis 6 ans : indispensable, mais non remboursé.

Je suis obligée de payer une femme de ménage pour changer les draps, repasser...

Quand on est handicapé, entre 55 et 60 ans, rien n'est prévu pour nous.

Malgré ma fatigue constante, comment je fais ? Je prends le métro quand il y a peu de monde, sinon c'est le taxi. Quand je voyage par la SNCF, si je suis seule, je n'ai droit à rien. Si je voyage à deux, j'ai droit à une place handicapée, moins chère.

Après huit ans et demis de statut de travailleur handicapée, j'ai jeté l'éponge, j'ai pris ma pré-retraîte, je suis trop fatiguée, j'ai presque 56 ans.

J'ajoute, pour être un peu optimiste, que je fais de la sculpture - de ma main gauche; je me suis remise à la peinture, je suis auditeur libre en histoire de l'art au Louvre.

Et puis, poussée insidueusement par mon psy, j'ai fait un petite croisière en Egypte à Noël. J'ai pris ma canne et mes médicaments - j'avais le trac - et je me suis lancée ! Dur, mais dense...dépaysant mais fabuleux !

Ghislaine H.

Mais au fait, c'est quoi un AVC ?
L'ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL EST UN TROUBLE VASCULAIRE CÉRÉBRAL TOUCHANT LES VAISSEAUX SANGUINS QUI AMÈNENT LE SANG AU CERVEAU.
Un accident vasculaire cérébral survient lorsque le flux sanguin rencontre un obstacle (caillot sanguin ou vaisseau sanguin rompu) qui bloque son passage vers les différentes parties du cerveau, ce qui prive ces dernières de leur apport vital en oxygène, causant leur disfonctionnement puis leur mort en quelques minutes. Information : Le nombre de personnes atteintes en France est estimé à 500 000 tandis que celui des nouveaux cas annuels est évalué à 150 000. , informations complètes sur l'AVC
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